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Ce fut un jour de réjouissance historique, lundi, dans les deux camps. Après deux ans de captivité, les 20 otages encore vivants retenus par le Hamas ont regagné Israël après avoir été relâchés. En retour, près de 2000 prisonniers palestiniens ont été libérés par l’État hébreu. Il s’agit de la « fin d’une guerre », selon Donald Trump, qui s’est exprimé à la Knesset, le Parlement israélien, même si ce n’est qu’une étape dans une longue démarche vers la paix.


Lundi, au quatrième jour d’un cessez-le-feu, les otages ont été remis en deux temps au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont les véhicules ont pris la direction d’Israël sous l’œil de combattants armés du mouvement islamiste palestinien.


En contrepartie, 1968 prisonniers de Palestine, soit 250 personnes qui étaient condamnées à vie et environ 1700 qui ont été emprisonnées durant la guerre sans inculpation, ont retrouvé leur liberté. L’échange s’est déroulé sans pépin, des deux côtés.


C’est dans ce contexte que Donald Trump s’est rendu au Moyen-Orient pour une visite éclair. Le président américain a célébré un « triomphe incroyable pour Israël et le monde », d’abord lors d’un discours à la Knesset, à Jérusalem, et ensuite au Sommet pour la paix organisé à Charm el-Cheikh, ville portuaire d’Égypte.


Trump célèbre une victoire
À la Knesset, M. Trump a été longuement applaudi. « Vous avez gagné, a-t-il lancé aux députés israéliens, entre deux ovations. Il est temps maintenant de transformer ces victoires contre les terroristes sur le champ de bataille en une récompense ultime : la paix et la prospérité pour tout le Moyen-Orient. »


Premier président des États-Unis à s’exprimer dans cette enceinte depuis George W. Bush en 2008, Donald Trump a promis d’aider à reconstruire la bande de Gaza. « Ce n’est pas seulement la fin d’une guerre, c’est la fin d’une ère de terreur et de mort », a-t-il soutenu, appelant du même coup les Palestiniens à « se détourner pour toujours de la voie du terrorisme ».


« Des millions de prières ont finalement été exaucées. Nous avons réussi ensemble ce que tout le monde pensait impossible. Enfin, nous avons la paix au Moyen-Orient », a ajouté plus tard dans la journée le républicain de 79 ans, au Sommet pour la paix en Égypte, où il s’est rendu.


En présence de nombreux dirigeants internationaux, dont le premier ministre du Canada, Mark Carney, M. Trump a signé à Charm el-Cheikh une déclaration sur Gaza avec la Turquie, l’Égypte et le Qatar. Les parties prenantes, soit Israël et le Hamas, n’étaient pas présentes.


Ce document, publié en fin de journée par la Maison-Blanche, s’en tient néanmoins à des termes vagues. Il mentionne entre autres choses le besoin d’une « paix durable » entre Israël et ses voisins.


À l’issue de la rencontre internationale, Donald Trump a notamment partagé une longue poignée de main avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. C’était leur première rencontre depuis 2017.


M. Trump a aussi répété que son plan en 20 étapes pour maintenir la paix et reconstruire Gaza sera bel et bien mis en place.


Dans l’avion de retour à Washington, le président a évacué la question de la solution à deux États. « Je ne parle pas d’un seul État, de double État ou de deux États. Nous parlons de la reconstruction de Gaza », a-t-il martelé.


Retour à la maison
À Tel-Aviv, environ 65 000 Israéliens se sont rassemblés à la place des Otages et ont vivement célébré, au passage d’un hélicoptère militaire transportant les 20 otages vers un hôpital à proximité. Des images en direct de leur libération et des retrouvailles avec leur famille ont été diffusées dans cette place, devenue le centre d’une campagne nationale pour leur mise en liberté depuis le 7 octobre 2023.


« C’est superbe et bouleversant que cela arrive enfin. Nos otages rentrent enfin chez eux », a lancé Shelly Bar Nir, 34 ans, à Tel-Aviv, cité par l’Agence France-Presse.


En outre, les corps de quatre otages qui sont morts à Gaza ont été remis à la Croix-Rouge par le Hamas, lundi, pour être rapatriés en Israël par l’armée nationale.


À Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, une foule nombreuse a fêté lundi le retour des prisonniers sur le sol palestinien. Mais certains Gazaouis estiment que la libération des prisonniers ne valait pas toutes les souffrances endurées depuis octobre 2023.


« C’est important que les bombardements soient terminés, mais il n’y a pas de quoi se réjouir. Mes deux filles ont été tuées, ma maison est détruite et ma santé s’est détériorée », a dit au New York Times Saed Abu Aita, 44 ans, déplacé de force dans le centre de Gaza.


Il y a un peu plus de deux ans, le 7 octobre 2023, le Hamas a tué plus de 1200 personnes et en a enlevé 250 autres en Israël. Depuis ce temps, l’armée israélienne a envahi et bombardé la bande de Gaza sans relâche, tuant près de 68 000 Palestiniens, selon le ministère de la Santé du Hamas.


Les chefs d’État réagissent
Aux yeux de Mark Carney, qui était présent à Charm el-Cheikh, la libération des otages est un « moment de profond soulagement ». « Pour les personnes juives, ce moment incarne à la fois deux vérités : le deuil de ce qui est perdu à jamais et un fragile espoir de réparation », a-t-il affirmé dans une déclaration officielle.

« Nous exhortons toutes les parties à poursuivre la mise en œuvre des dispositions de l’accord de cessez-le-feu, dont le retrait des soldats israéliens et l’acheminement soutenu, immédiat et à grande échelle d’une aide humanitaire partout à Gaza. » Mark Carney, premier ministre canadien, dans un communiqué.


M. Carney a ajouté que le Hamas « doit déposer les armes et ne jouer aucun rôle dans la gouvernance future d’un État palestinien démilitarisé ». Il a remercié les États-Unis, l’Égypte, le Qatar et la Turquie d’avoir travaillé « sans relâche » sur le cessez-le-feu. Puis, il a salué le « leadership essentiel à la formulation d’un plan de paix global » de son homologue américain.


« Que la guerre à Gaza soit la dernière des guerres dans la région », a déclaré le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, qui coprésidait le Sommet pour la paix avec M. Trump.


De nombreux obstacles
À Gaza, même si un pas important a été franchi avec la libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens, de nombreux enjeux diplomatiques demeurent. Le désarmement du Hamas, le respect du cessez-le-feu, la reconstruction de Gaza et la gouvernance de la Palestine sont toutes des questions auxquelles les chefs d’État devront s’attaquer.


Le dernier cessez-le-feu qui avait été instauré dans la région a été interrompu après deux mois, en mars, lorsqu’Israël a poursuivi son offensive dans la bande de Gaza. La crainte que la trêve ne soit que passagère demeure vive, notamment en raison de la résistance de l’aile d’extrême droite de la coalition de Benyamin Nétanyahou.


Et si le Hamas a salué « la libération des prisonniers palestiniens des prisons de l’occupation […], un succès national sur le chemin de la libération totale », il ne s’est cependant pas prononcé sur son désarmement. Il exige un retrait total israélien de la bande de Gaza, qui contrôle aujourd’hui 53 % de ce territoire.


L’organisation s’attend à une deuxième phase « difficile » des négociations, considérant que le plan américain prévoit l’exclure de la gouvernance de Gaza, qu’elle contrôle depuis 2007.


Les 2,1 millions d’habitants de l’enclave vivent dans des conditions dramatiques, à travers les ruines, les morts et la famine. Selon les conditions de l’accord, Israël a accepté de rouvrir cinq points de passage frontaliers, ce qui doit faciliter l’acheminement de nourriture et d’autres fournitures vers le territoire.


Source: https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2025-10-13/cessez-le-feu-a-gaza/un-pas-de-plus-vers-la-paix.php

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Tag(s) : #Moyen et Proche Orient